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Élevage. L’utilisation d’antibiotiques est en nette augmentation

L’utilisation mondiale d’antibiotiques dans l’élevage pourrait augmenter de près de 30% d’ici 2040, selon une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Université de Zurich (UZH). En Europe et en Suisse, seule une faible hausse est attendue.

La consommation d’antibiotiques en Suisse se situe dans la moyenne européenne.FAO

ATS

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2 avril 2025 à 13:38

Temps de lecture : 2 min

Selon les auteurs, cette augmentation globale pourrait encore aggraver le problème de la résistance aux antibiotiques. Or certaines bactéries présentes chez les animaux peuvent également provoquer des infections chez l’humain. «Notre modèle actuel d’élevage d’animaux de rente peut difficilement être maintenu sans antibiotiques efficaces», a indiqué Thomas Van Boeckel, co-auteur de l’étude à l’UZH, à Keystone-ATS.

Selon l’étude publiée cette semaine dans la revue Nature Communications, si la tendance actuelle se poursuit sans être freinée (scénario «business-as-usual»), 143 000 tonnes d’antibiotiques seront utilisées chaque année dans le monde d’ici 2040, soit une augmentation de 29,5% par rapport à l’année de référence 2019.

Il existe toutefois de grandes différences régionales. Les scientifiques s’attendent à des augmentations considérables en Asie et dans le Pacifique (+41,1%), en Afrique (+40,8%) et en Amérique du Sud (+19,6%). En raison de revenus plus élevés, davantage de personnes peuvent s’offrir de la viande et d’autres produits d’origine animale dans ces pays, ce qui intensifie l’élevage et augmente ainsi la consommation d’antibiotiques, a expliqué le Pr Van Boeckel.

Augmentation minime en Europe

En revanche, les changements attendus en Europe sont minimes (+0,6%). Selon Thomas Van Boeckel, la Suisse se situe dans la moyenne européenne. Une légère baisse est attendue en Amérique du Nord (-3,1%). L'Asie et la région du Pacifique devraient afficher la plus grande consommation d’antibiotiques au monde d’ici 2040, avec une part de 65%, suivies par l’Amérique du Sud avec environ 19%.

Pour le Pr Van Boeckel, les réactions sociales et politiques seront décisives pour déterminer l’ampleur de l’augmentation. L’étude montre que certaines mesures pourraient même faire baisser la consommation d’antibiotiques dans l’élevage à l’avenir, jusqu’à 57% par rapport à 2019 dans le scénario le plus optimiste.

Une attention particulière est portée aux pays tels que la Chine, l’Inde et le Brésil. «Si ces pays agissent, le monde suivra», estime le chercheur. Cela concerne également la Suisse, qui importe de la viande de ces pays.

Moins d’animaux

Pour réduire l’ampleur du problème, il faudrait, selon les scientifiques, utiliser moins d’antibiotiques par kilo de viande, mais aussi augmenter l’efficacité de la production animale.

«En produisant plus d’aliments d’origine animale avec le même nombre d’animaux ou moins, nous pouvons réduire le besoin d’antibiotiques chez les animaux d’élevage et renforcer en même temps la sécurité alimentaire mondiale», conclut l’auteur principal de l’étude, Alejandro Acosta, économiste de l’élevage à la FAO, cité dans un communiqué de cette dernière.

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