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Cultures

Betteraves. Bénéfice pour Sucre Suisse SA

Sucre Suisse SA a enregistré un bénéfice de 4,5 millions de francs pour l’exercice 2022/23. Ce résultat a été possible grâce à la hausse simultanée des prix du sucre et de la baisse de ceux de l’énergie. Il est donc possible de proposer le versement d’un dividende, ce qui n’avait plus été le cas depuis longtemps.

Les prix du sucre plus élevés ont été en grande partie absorbés par d’importants coûts supplémentaires pour l’énergie, le fret et d’autres dépenses.iStock

SUCRE SUISSE SA

SUCRE SUISSE SA

22 mars 2024 à 13:21, mis à jour à 13:21

Temps de lecture : 3 min

Au cours de la campagne 2022, la transformation de 1,57 million de tonnes de betteraves a permis d’extraire 226 000 tonnes de sucre – soit près de 15 000 tonnes de plus qu’en 2021. Néanmoins, les importants défis sur plusieurs fronts demeurent. Grâce à la stabilité des ventes à un niveau élevé et surtout en raison de la hausse des prix du sucre, le chiffre d’affaires a augmenté pour atteindre 285 millions de francs (année précédente 221,5 millions). Quant à la rémunération des betteraves, elle a passé à 87,1 millions de francs (année précédente 74,4 millions de francs) à cause de la hausse du volume et de celle des prix.

Les prix du sucre plus élevés ont été en grande partie absorbés par d’importants coûts supplémentaires pour l’énergie, le fret et d’autres dépenses. Mais en dépit de ces charges supplémentaires, le bénéfice de l’entreprise a atteint 4,5 millions de francs (année précédente 0,4 million). De même, le cash-flow de 25,2 millions de francs (année précédente 17,4 millions) était plus important. Les prix élevés du sucre sont réjouissants, mais il convient de rester prudent.

En raison de la bonne récolte 2023 et d’importations en provenance d’Ukraine, le marché de l’UE est actuellement excédentaire. Cela a déjà entraîné des baisses de prix et une pression exercée par les importations en Suisse. La volatilité est importante, mis à part la situation de l’offre, il est difficile de prévoir l’évolution à long terme des coûts sur les marchés de l’énergie et de la logistique.

Faible teneur en sucre

Au cours d’une campagne exceptionnellement longue, 1,67 million tonnes de betteraves ont finalement été transformées. La dernière fois que nous étions en présence d’une quantité semblable remonte à 2019. Il a été possible d’en extraire 226 000 tonnes de sucre. Malgré la bonne récolte, en 2022 aussi, les cultivateurs ont dû lutter contre les maladies et les ravageurs familiers. Finalement, c’est la qualité des betteraves qui a créé des difficultés aux collaborateurs des fabriques. De faibles teneurs en sucre, mais de hautes teneurs en azote, d’importantes différences de qualité, des betteraves pourries et pour finir, des betteraves gelées et dégelées ont compliqué le travail.

Pour les betteraves conventionnelles suisses, le rendement moyen était de 86 tonnes de betteraves et une teneur en sucre de 15,1%, respectivement un rendement en sucre corrigé de 11,3 tonnes par hectare. Malgré les faibles teneurs en sucre, les rendements sucriers par hectare correspondaient au minimum à la moyenne, ce qui avait été le cas pour la dernière fois en 2019.

Soutien politique

En ce qui concerne le risque le plus important depuis des années, soit le manque de surfaces cultivées, une certaine détente semble s’installer. Avec 16 500 hectares, on a pu enregistrer pour la première fois depuis des années un développement favorable en Suisse. Même si l’augmentation n’est pas énorme, elle permet d’envisager l’avenir de façon positive. Les prix élevés du sucre et la meilleure rémunération des betteraves qui en découle semblent avoir été entendus par les planteuses et les planteurs.

Les conditions réglementaires politiques en vigueur jusqu’en 2026 y sont sans doute aussi pour quelque chose. Elles représentent un soutien important et permettent aux cultivateurs une planification à long terme.

Pour la période après 2026, il s’agit de trouver maintenant des solutions satisfaisantes pour l’ensemble de la filière. En déposant chacun une initiative, les cantons de Thurgovie et de Berne ont donné le coup d’envoi. L’engagement durable devient de plus en plus important pour toutes les activités de l’entreprise.

Avec les mesures déjà mises en œuvre comme les centrales à bois à Frauenfeld et Aarberg, Sucre Suisse SA est sur la bonne voie, mais de loin pas encore au but. C’est pourquoi, au cours du nouvel exercice, l’accent est mis sur la durabilité et une stratégie d’entreprise générale sera développée dans ce sens. Ainsi, les sucreries investissent environ 20 millions de francs dans un séchoir à basse température pour la pulpe de betteraves sur le site de Frauenfeld. Rien qu’avec cette démarche, Sucre Suisse SA pourra économiser plus de 10% d’énergie fossile.