Logo

Vitiviniculture

Valais. Le parlement se penche sur sa viticulture

Le canton du Valais veut moderniser son vignoble afin d’améliorer sa rentabilité et son développement.

Avec ses 4675 hectares, le vignoble valaisan est le plus grand de Suisse.DR

ATS

ATS

14 mai 2024 à 08:53

Temps de lecture : 6 min

Le projet «Vignoble du XXIe siècle» à 170 millions dont 53 millions à charge du canton est au menu du Grand Conseil cette semaine. Ce dernier se prononce à la fois sur ce crédit-cadre et sur une modification de la loi sur l’agriculture.

Ces dernières années après des épisodes de gel ou encore de mildiou, le Conseil d’État est venu avec «des emplâtres sur des jambes de bois» pour soutenir la branche, a lancé lundi au parlement cantonal le conseiller d’État Christophe Darbellay. «Mais vous nous avez régulièrement reproché de ne pas présenter une vision à long terme pour l’avenir de la viticulture. La voici».

Concrètement, des mesures de production visent à soutenir le renouvellement du capital plant, la mise en œuvre de systèmes d’irrigation par goutte à goutte et l’amélioration des accès aux parcelles. Des mesures foncières misent quant à elles sur des remaniements parcellaires pour créer «des entités rationnelles d’exploitation» d’une surface de 3000 m2 au minimum.

«Vignoble adapté»

La facture globale du projet s’élève à 170 millions de francs. Cette somme se compose de 53 millions de subventions cantonales, de 8 millions de subventions fédérales et de 80 millions de crédits d’investissement. Les communes participeront quant à elles à hauteur de 13 millions de francs et 16,5 millions de francs sont à la charge de la branche.

«Ça peut paraître peu, ça peut paraître beaucoup. Ça correspond en proportion à ce qu’on a investi ces vingt dernières années pour refaire par exemple le verger valaisan», a précisé Christophe Darbellay. Avec ce projet, «on donne un instrument de travail à cette génération de professionnels qui fera le vignoble de demain», c’est-à-dire un vignoble adapté aux défis du futur, qu’ils soient économiques, environnementaux, ou en lien avec la relève qui fait parfois défaut dans la viticulture.

Les fonds seront alloués à des projets déposés par des caves ou des viticulteurs, a relevé Christophe Darbellay. Un plafond de soutien est fixé à 100 000 francs par exploitation chaque année, afin d’assurer la répartition des soutiens.

«Projet ambitieux»

«Le PLR soutient ce projet, mais veut y apporter des modifications, car nous estimons que la loi est trop peu claire sur les conditions pour bénéficier de ce programme», a fait savoir la formation. «C’est un projet ambitieux» qui amènera «une certaine pérennité» sur le long terme, a estimé le Centre du Valais romand.

Mais pour qu’il déploie ses effets, «il faudra s’attaquer, à court terme, aux revenus actuels du vigneron, soit au marché du raisin et des vins. Sans quoi les 53 millions risquent de rester dans les caisses cantonales. Et le projet n’ira guère plus loin que le débat politique», ajoute-t-il.

Le groupe des Vert-e-s salue le projet, mais aurait toutefois souhaité la création d’une loi cantonale dédiée à la viticulture plutôt que deux articles dans la loi sur l’agriculture. Il estime également «dommageable» que la modification législative n’inclut aucune disposition claire quant aux objectifs, ne fasse aucune référence à l’analyse agroalimentaire et manque d’une vision claire sur la question de l’évolution de la surface viticole qui inclut la problématique des vignes abandonnées.

Exceptions souhaitées

Du côté de l’UDC et du Centre germanophones, on relève l’importance d’inscrire clairement des exceptions dans la loi pour les parcelles ayant des conditions topographiques accidentées et structurelles spécifiques. Le soutien de l’UDC du Haut-Valais dépendra de cette mesure, a-t-elle fait savoir.

Il existe des vignobles en forte pente sur l’entier du territoire cantonal, a souligné Christophe Darbellay. «Si cela peut vous rassurer, on passera certaines exceptions de l’ordonnance à la loi, mais on ne veut pas dénaturer le projet», a-t-il indiqué, rappelant que la problématique du parcellaire est le plus grand problème de la viticulture valaisanne. Plus grand de Suisse, le vignoble valaisan avec ses 4675 hectares est aussi, actuellement, divisé en quelque 75 000 parcelles et plus de 20 000 propriétaires.

Les Suisses boivent moins

Le PS s’est aussi demandé si les mesures seront suffisantes pour soutenir de façon efficace la branche et si les vignerons seront nombreux à participer. «Nous pensons qu’il faut encore beaucoup de travail, de conviction et d’explication», estime la formation qui se demande aussi si le projet tient suffisamment compte des modifications de consommation de la population suisse qui boit moins de vin. Aucun groupe n’a combattu l’entrée en matière qui a été acceptée par 122 voix contre 1. Le projet, qui sera débattu mercredi, devrait donc, sauf surprise, passer la rampe.

Gestion des cookies

Ce site utilise des cookies afin d'améliorer votre expérience. Vous pouvez personnaliser l'utilisation des cookies à l'aide du bouton ci-dessous.